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La République du Tchad compte aujourd’hui plus de 4 600 associations et organisations non gouvernementales reconnues. Les associations de droit commun sont régies par l’Ordonnance N°023/PR/2018 portant régime des associations, sous la tutelle de la Vice-Primature chargée de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, tandis que la coordination, la planification et le suivi des activités des ONG nationales et internationales relèvent du Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales et des Affaires Humanitaires (SPONGAH), structure gouvernementale rattachée au Ministère de l’Économie, de la Planification du Développement et de la Coopération Internationale, qui délivre les arrêtés de reconnaissance des ONG et gère leur registre officiel. Ce tissu associatif dense constitue un acteur incontournable de la fourniture de services sociaux de base, de la réponse humanitaire dans le Bassin du Lac Tchad et de la consolidation de la cohésion sociale et de la paix. Pourtant, la grande majorité de ces organisations demeure confrontée à des fragilités structurelles récurrentes : gouvernance interne perfectible, dépendance excessive aux financements ponctuels, capacités limitées en gestion de projet, en comptabilité, en audit et en recherche de financement, ainsi qu’un dialogue encore insuffisamment structuré avec l’État et les partenaires techniques et financiers.
C’est pour répondre à ce déficit de performance et de professionnalisation que l’Association Internationale des Canadiens d’Afrique (AICA), en partenariat technique avec le Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting (IF&C-Togo, SARL.U), propose le Programme CAPONG-TCHAD : Programme de Renforcement des Capacités, de Performance et de Culture de l’Excellence des Organisations Non Gouvernementales du Tchad.
Conçu autour d’une démarche complète d’ingénierie de formation : du diagnostic organisationnel à l’accompagnement vers la recherche de financement, le programme couvre quatorze axes thématiques structurants : diagnostic organisationnel, gestion et développement économique durable, compétitivité et innovation, autonomie et gestion financières, gestion et management de projet, gouvernance associative et leadership, comptabilité et audit selon les normes SYSCOHADA, relation entre les ONG et l’État, gestion des conflits et culture de la paix, genre et inclusion, prévention et lutte contre l’extrémisme violent, professionnalisation du personnel, mise à niveau sectorielle et transformation digitale, ainsi que l’ingénierie de projets bancables. Le programme se distingue enfin par l’institution d’une véritable culture de l’excellence associative, à travers les Trophées CAPONG-TCHAD, dispositif annuel de reconnaissance et de récompense des organisations les plus performantes du pays.
Déployé sur 36 mois (janvier 2027 – décembre 2029) à N’Djamena et dans dix provinces prioritaires, le programme ambitionne de toucher directement 600 ONG et organisations de la société civile et de former plus de 1 800 dirigeants, gestionnaires et cadres associatifs, avec un objectif de doublement de l’autonomie financière moyenne des structures bénéficiaires et de mobilisation d’au moins 5 milliards de FCFA de financements additionnels au profit des ONG accompagnées, grâce au dispositif d’ingénierie de recherche de financement intégré au programme.
Le budget global du programme est arrêté à 2 400 000 000 FCFA sur trois ans, mobilisé auprès d’un panel élargi de partenaires : État tchadien et collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers multilatéraux, coopérations bilatérales, fondations privées et secteur privé, ainsi qu’AICA et la diaspora tchado-canadienne. CAPONG-TCHAD est conçu pour être économique et efficient : il mutualise les coûts de formation par des dispositifs régionaux et numériques, capitalise sur l’expertise déjà éprouvée du cabinet IF&C-Togo dans la conduite de programmes bancables similaires en Afrique de l’Ouest et du Centre, et intègre dès sa conception un dispositif robuste de suivi-évaluation et de pérennisation institutionnelle.

II. Contexte et justification

II.1. Contexte national du Tchad
Depuis l’adoption par référendum, en décembre 2023, d’une nouvelle Constitution révisée en septembre 2025, et l’élection à la présidence de la République du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en mai 2024, le Tchad a engagé un cycle de consolidation institutionnelle conduit par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Allah-Maye Halina. Sur le plan économique, le Ministère d’État chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale finalise la mise en œuvre du Plan National de Développement 2025-2030, dont les axes prioritaires portent sur une croissance inclusive et durable, le développement de l’énergie, des infrastructures, de l’eau, de l’agriculture et de la santé. Ce cadre national de référence ouvre un espace de dialogue structurant pour les organisations de la société civile, appelées à devenir des partenaires actifs de sa mise en œuvre territoriale.
II.2. Le paysage des ONG et de la société civile tchadienne
Le cadre juridique applicable aux organisations non gouvernementales et aux associations au
Tchad repose sur deux dispositifs complémentaires. D’une part, l’Ordonnance N°023/PR/2018 du 27 juin 2018 portant régime des associations place les associations de droit commun sous l’autorité de tutelle de la Vice-Primature chargée de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, qui recensait plus de 4 600 associations officiellement reconnues à la fin de l’année 2023. D’autre part, le Décret N°1917/PR/MEPD/2018 du 24 décembre 2018 portant statut des Organisations Non Gouvernementales en République du Tchad institue le Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales et des Affaires Humanitaires (SPONGAH). Rattaché au Ministère de l’Économie, de la Planification du Développement et de la Coopération Internationale, le SPONGAH est l’organe gouvernemental chargé de la coordination, de l’orientation, de la planification, du suivi et de l’évaluation des activités des ONG nationales et internationales sur l’ensemble du territoire : il instruit les dossiers d’agrément, délivre les arrêtés de reconnaissance et de renouvellement, et gère le registre officiel national des ONG.
Ce double ancrage institutionnel : associations sous tutelle territoriale, ONG sous coordination du SPONGAH, traduit la diversité et la vitalité croissante du tissu associatif tchadien, mais pose également la question de la qualité, de la viabilité et de l’impact réel de cette multitude d’organisations. Une part significative de ces structures reste de petite taille, peu structurée, et fortement dépendante de financements épisodiques de projets, sans véritable stratégie de pérennisation économique.
II.3. Diagnostic synthétique des capacités des ONG tchadiennes
Les diagnostics conduits par le cabinet IF&C-Togo dans des contextes comparables de la zone CEMAC et de l’espace UEMOA, croisés avec les constats partagés par les acteurs nationaux tchadiens, font ressortir des faiblesses récurrentes communes à la majorité des organisations de la société civile :
• une gouvernance associative faiblement formalisée (statuts peu actualisés, faible renouvellement des instances dirigeantes, confusion des rôles entre organes exécutifs et délibérants) ;
• une autonomie financière limitée et une dépendance structurelle aux financements de projets ponctuels, sans modèle économique de diversification des ressources propres ;
• des capacités insuffisantes en gestion de projet, en suivi-évaluation axé sur les résultats et en élaboration de dossiers de financement bancables ;
• une maîtrise incomplète des outils de comptabilité, de contrôle de gestion et d’audit conformes aux normes SYSCOHADA et aux exigences de redevabilité des bailleurs ;
• un dialogue encore insuffisamment outillé et structuré entre les ONG et les pouvoirs publics, faute de plateformes pérennes de concertation ;
• une présence encore limitée des ONG dans la prévention des conflits, la médiation communautaire et les dynamiques de cohésion sociale, alors que ces enjeux sont centraux dans plusieurs régions du pays.
II.4. Enjeux sécuritaires et humanitaires dans le Bassin du Lac Tchad
Le Tchad demeure en première ligne des défis sécuritaires et humanitaires liés à la présence de groupes armés non étatiques, notamment Boko Haram et sa faction dissidente l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), actifs dans le Bassin du Lac Tchad. La Force Multinationale Mixte, coalition régionale rassemblant le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Nigéria et le Bénin sous l’égide de la Commission du Bassin du Lac Tchad et avec le soutien de l’Union africaine, a vu son mandat renouvelé par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine en décembre 2025 pour la période de février 2026 à janvier 2027. Au-delà de la réponse militaire, le Conseil de Paix et de Sécurité souligne la nécessité d’une réponse humanitaire et développementale renforcée face aux effets conjugués du changement climatique, des déplacements massifs de populations et de l’insuffisance chronique du financement humanitaire dans le bassin. Selon les évaluations partagées par le système des Nations Unies, plusieurs millions de personnes demeurent affectées par ces crises multiples dans les quatre pays du bassin, dont une part importante a besoin d’une assistance humanitaire d’urgence. Les organisations de la société civile et les ONG locales constituent, dans ce contexte, des relais essentiels de la réponse humanitaire, de la cohésion communautaire et de la prévention de l’extrémisme violent, ce qui justifie pleinement l’intégration d’un axe dédié de renforcement de capacités en la matière au sein de CAPONGTCHAD.
II.5. Genre, inclusion et cohésion sociale
Les femmes demeurent sous-représentées dans les instances dirigeantes des organisations de la société civile tchadiennes, alors qu’elles sont souvent en première ligne de la mise en œuvre des actions communautaires de terrain. Le programme entend ainsi promouvoir une approche transversale du genre, tant dans la gouvernance interne des ONG accompagnées que dans la conception et le ciblage de leurs interventions, en cohérence avec les priorités portées par le Ministère d’État chargé de la Femme et de l’Enfance.

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La République du Tchad compte aujourd’hui plus de 4 600 associations et organisations non gouvernementales reconnues. Les associations de droit commun sont régies par l’Ordonnance N°023/PR/2018 portant régime des associations, sous la tutelle de la Vice-Primature chargée de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, tandis que la coordination, la planification et le suivi des activités des ONG nationales et internationales relèvent du Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales et des Affaires Humanitaires (SPONGAH), structure gouvernementale rattachée au Ministère de l’Économie, de la Planification du Développement et de la Coopération Internationale, qui délivre les arrêtés de reconnaissance des ONG et gère leur registre officiel. Ce tissu associatif dense constitue un acteur incontournable de la fourniture de services sociaux de base, de la réponse humanitaire dans le Bassin du Lac Tchad et de la consolidation de la cohésion sociale et de la paix. Pourtant, la grande majorité de ces organisations demeure confrontée à des fragilités structurelles récurrentes : gouvernance interne perfectible, dépendance excessive aux financements ponctuels, capacités limitées en gestion de projet, en comptabilité, en audit et en recherche de financement, ainsi qu’un dialogue encore insuffisamment structuré avec l’État et les partenaires techniques et financiers.
C’est pour répondre à ce déficit de performance et de professionnalisation que l’Association Internationale des Canadiens d’Afrique (AICA), en partenariat technique avec le Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting (IF&C-Togo, SARL.U), propose le Programme CAPONG-TCHAD : Programme de Renforcement des Capacités, de Performance et de Culture de l’Excellence des Organisations Non Gouvernementales du Tchad.
Conçu autour d’une démarche complète d’ingénierie de formation : du diagnostic organisationnel à l’accompagnement vers la recherche de financement, le programme couvre quatorze axes thématiques structurants : diagnostic organisationnel, gestion et développement économique durable, compétitivité et innovation, autonomie et gestion financières, gestion et management de projet, gouvernance associative et leadership, comptabilité et audit selon les normes SYSCOHADA, relation entre les ONG et l’État, gestion des conflits et culture de la paix, genre et inclusion, prévention et lutte contre l’extrémisme violent, professionnalisation du personnel, mise à niveau sectorielle et transformation digitale, ainsi que l’ingénierie de projets bancables. Le programme se distingue enfin par l’institution d’une véritable culture de l’excellence associative, à travers les Trophées CAPONG-TCHAD, dispositif annuel de reconnaissance et de récompense des organisations les plus performantes du pays.
Déployé sur 36 mois (janvier 2027 – décembre 2029) à N’Djamena et dans dix provinces prioritaires, le programme ambitionne de toucher directement 600 ONG et organisations de la société civile et de former plus de 1 800 dirigeants, gestionnaires et cadres associatifs, avec un objectif de doublement de l’autonomie financière moyenne des structures bénéficiaires et de mobilisation d’au moins 5 milliards de FCFA de financements additionnels au profit des ONG accompagnées, grâce au dispositif d’ingénierie de recherche de financement intégré au programme.
Le budget global du programme est arrêté à 2 400 000 000 FCFA sur trois ans, mobilisé auprès d’un panel élargi de partenaires : État tchadien et collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers multilatéraux, coopérations bilatérales, fondations privées et secteur privé, ainsi qu’AICA et la diaspora tchado-canadienne. CAPONG-TCHAD est conçu pour être économique et efficient : il mutualise les coûts de formation par des dispositifs régionaux et numériques, capitalise sur l’expertise déjà éprouvée du cabinet IF&C-Togo dans la conduite de programmes bancables similaires en Afrique de l’Ouest et du Centre, et intègre dès sa conception un dispositif robuste de suivi-évaluation et de pérennisation institutionnelle.

II. Contexte et justification

II.1. Contexte national du Tchad
Depuis l’adoption par référendum, en décembre 2023, d’une nouvelle Constitution révisée en septembre 2025, et l’élection à la présidence de la République du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en mai 2024, le Tchad a engagé un cycle de consolidation institutionnelle conduit par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Allah-Maye Halina. Sur le plan économique, le Ministère d’État chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale finalise la mise en œuvre du Plan National de Développement 2025-2030, dont les axes prioritaires portent sur une croissance inclusive et durable, le développement de l’énergie, des infrastructures, de l’eau, de l’agriculture et de la santé. Ce cadre national de référence ouvre un espace de dialogue structurant pour les organisations de la société civile, appelées à devenir des partenaires actifs de sa mise en œuvre territoriale.
II.2. Le paysage des ONG et de la société civile tchadienne
Le cadre juridique applicable aux organisations non gouvernementales et aux associations au
Tchad repose sur deux dispositifs complémentaires. D’une part, l’Ordonnance N°023/PR/2018 du 27 juin 2018 portant régime des associations place les associations de droit commun sous l’autorité de tutelle de la Vice-Primature chargée de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, qui recensait plus de 4 600 associations officiellement reconnues à la fin de l’année 2023. D’autre part, le Décret N°1917/PR/MEPD/2018 du 24 décembre 2018 portant statut des Organisations Non Gouvernementales en République du Tchad institue le Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales et des Affaires Humanitaires (SPONGAH). Rattaché au Ministère de l’Économie, de la Planification du Développement et de la Coopération Internationale, le SPONGAH est l’organe gouvernemental chargé de la coordination, de l’orientation, de la planification, du suivi et de l’évaluation des activités des ONG nationales et internationales sur l’ensemble du territoire : il instruit les dossiers d’agrément, délivre les arrêtés de reconnaissance et de renouvellement, et gère le registre officiel national des ONG.
Ce double ancrage institutionnel : associations sous tutelle territoriale, ONG sous coordination du SPONGAH, traduit la diversité et la vitalité croissante du tissu associatif tchadien, mais pose également la question de la qualité, de la viabilité et de l’impact réel de cette multitude d’organisations. Une part significative de ces structures reste de petite taille, peu structurée, et fortement dépendante de financements épisodiques de projets, sans véritable stratégie de pérennisation économique.
II.3. Diagnostic synthétique des capacités des ONG tchadiennes
Les diagnostics conduits par le cabinet IF&C-Togo dans des contextes comparables de la zone CEMAC et de l’espace UEMOA, croisés avec les constats partagés par les acteurs nationaux tchadiens, font ressortir des faiblesses récurrentes communes à la majorité des organisations de la société civile :

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